TARDE (G.)


TARDE (G.)
TARDE (G.)

Si à certaines notions, fondamentales en sociologie – la conscience collective, l’idéal type, la communauté –, sont associés les noms de Durkheim, Weber et Tönnies, qu’elles suffisent à évoquer, c’est au thème de l’imitation que celui de Tarde demeure classiquement attaché. Le rôle essentiel que ce dernier a assigné à la répétition ainsi qu’aux phénomènes de contagion dans la formation et l’évolution des comportements l’a opposé à Durkheim. Aux yeux de l’auteur des Lois de l’imitation , «l’individuel écarté, le social n’est rien». «Que serait l’homme sans la société ?», objecte le fondateur de l’École française de sociologie. Pour l’un, le rapport interpersonnel est caractérisé par l’immédiateté et l’asymétrie; il est, chez l’autre, médiatisé par une règle: la réciprocité. Toujours ouvert, ce débat atteste la difficile naissance de la psychologie sociale en France et illustre les vicissitudes de l’idée d’interaction qui, méconnue par Comte mais généralisée par Cournot, occupe une place centrale dans l’œuvre de Tarde.

1. Psychologie et statistique

Lorsqu’en 1886 Tarde publie son premier ouvrage, Criminalité comparée , les fondements de ce qu’il devait appeler l’interpsychologie sont déjà mis en place. Les thèmes majeurs auxquels s’est appliquée sa pensée ont mûri tout au long de la décennie précédente dans ce Périgord noir où s’est déroulée, partagée entre Sarlat, sa ville natale, et le manoir familial de la Roque-Gageac, une enfance marquée par de graves troubles oculaires et de fréquentes crises de mysticisme. Ils témoignent, dans leurs reformulations successives, de l’influence décisive exercée par quelques œuvres longuement méditées après des lectures écourtées: celles de Leibniz, de Hegel, de Cournot surtout.

Aussi bien, ni la formation juridique de Tarde, ni sa carrière de magistrat – juge suppléant à Sarlat en 1869, il y exerça de 1875 à 1894 les fonctions de juge d’instruction –, ni les nombreuses études de criminologie notamment publiées dans les Archives d’anthropologie criminelle , dont Lacassagne lui confia en 1893 la co-direction, ne doivent masquer la nature et l’orientation de ses plus constants intérêts. Ils se laissent clairement voir dans les titres des articles de la Revue de philosophie , que Ribot lui ouvrit dès 1880: «Les Traits communs de la nature et de l’histoire» (1882), «L’Archéologie et la statistique», «Qu’est-ce qu’une société?» (1884); chacun de ces textes forme d’ailleurs la substance d’un chapitre des Lois de l’imitation (1890), «La Psychologie en économie politique» trouvant son point d’aboutissement dans l’ultime synthèse consacrée à la Psychologie économique (1902).

Qu’il s’agisse de formes normales ou de formes pathologiques de l’existence sociale, d’actes individuels ou de phénomènes collectifs, le souci d’introduire le nombre et la mesure dans leur analyse est d’emblée manifeste. Deux termes sont associés à cette exigence méthodologique. Ils jalonnent toute l’œuvre de Tarde et donnent son titre à sa première contribution à l’histoire des idées: La Croyance et le Désir (1880).

Elle s’ouvre sur une critique de l’arithmétique morale de Jeremy Bentham, de la théorie psychophysique de Gustav Fechner et du calcul des probabilités. L’impossibilité, d’une part, de généraliser le fameux algorithme des sensations, d’autre part, de dépasser le seuil de la crédibilité ou de la désirabilité au moyen de raisons mathématiques de croire et de désirer n’a pas détourné Tarde de chercher à établir une métrique des quantités subjectives. Elle l’a, au contraire, amené à souligner la portée logique et psychologique des termes en question: la croyance, pôle du religieux et du scientifique, et le désir, source de la morale et de l’économie, représentent, en effet, deux énergies mentales, qui, mesurables et comparables, permettent d’envisager la constitution d’une logique sociale. Il sera par la suite indiqué qu’à la différence de la statistique ordinaire la «statistique psychologique» n’a pas seulement à compter. Au-delà du simple dénombrement d’actions similaires, elle doit, par la construction de séries, la comparaison des variations concomitantes, la détermination de liaisons fonctionnelles entre le manifeste et l’inobservable, mesurer et aussi peser les croyances et les désirs qui sont au principe des choix et des décisions.

Les travaux de criminologie recueillis dans l’ouvrage de 1886, auxquels viendront s’ajouter en 1890 la Philosophie pénale et en 1892 les Études pénales et sociales , éclairent parfaitement les raisons de cette orientation méthodologique. La polémique que Tarde y poursuit avec Lombroso au sujet de l’uomo deliquente , avec Sighele à propos de l’antériorité de ses idées sur la psychologie des foules, avec les principaux théoriciens de la scuola positiva sur l’origine sociale du crime, la part des facteurs physiques, la thèse classique de la responsabilité personnelle n’est certes pas sans intérêt. Ainsi soutient-il, une dizaine d’années avant que Durkheim n’expose son point de vue sur le normal et le pathologique, «qu’il n’est pas vrai que le crime, même réduit à un minimum numérique soi-disant irréductible, ait été placé dès l’origine parmi les forces éternelles». L’essentiel réside cependant ici dans l’affirmation qu’on ne peut mettre en évidence une cause sociale que si on l’observe effectivement à l’œuvre, ce qui a conduit Tarde à substituer à l’étude des corrélations ordinaires celle des processus.

La causalité intemporelle n’a, en effet, guère intéressé ce magistrat appliqué à améliorer le traitement de l’infraction par l’appareil judiciaire, peu satisfait de l’enregistrement, sans égard aux mobiles, des données de la criminalité et plus soucieux de mesurer des attitudes que de comptabiliser des actes. Aussi a-t-il prêté moins d’attention aux constantes, aux «plateaux statistiques» de Quetelet qu’aux séries temporelles. L’explication de la baisse du taux d’acquittement aux assises «par l’adaptation de la magistrature au jury» ou celle qui est avancée de la décroissance des appels interjetés par le ministère public par le seul fait que «les magistrats du parquet prennent exemple les uns sur les autres» montrent suffisamment que l’analyse des processus imitatifs s’est soutenue chez Tarde de toutes les ressources de la «statistique psychologique». Les phénomènes individuels n’expliquent-ils pas les tendances temporelles? Et les séries statistiques ne manifestent-elles pas le pouvoir de l’imitation?

Si l’on additionne les actions du même genre que les individus accomplissent isolément, sans se copier, on aboutit toujours «à des chiffres qui ne varient pour ainsi dire pas d’une période à l’autre». Mais la force sociale par excellence est l’imitation , comme la réalité sociale est l’apparence . Une note de La Statistique criminelle du dernier demi-siècle (où il est déjà posé que la civilisation est un rayonnement imitatif complexe) nous avertit que c’est là une vérité qui doit être tenue pour l’un des fondements de la science sociale. Cette dernière ne pouvait donc être ni conçue comme une «physique» ni envisagée du point de vue organiciste adopté par Worms et De Greef. Une légalité d’ordre psychologique remplaçait, en ce domaine, la légalité biologique ou mécanique.

2. Les lois de l’imitation

La fascination exercée par les sciences exactes sur la sociologie naissante a été critiquée par Tarde. Il leur a néanmoins emprunté de nombreux exemples et n’a pas cessé d’affirmer que l’étude des faits sociaux doit aboutir à la formulation de lois d’une certitude mathématique. Sans doute aussi a-t-il dénoncé comme un leurre de la sociologie la construction de systèmes de type comtien. Mais c’est dans la recherche de lois générales qui régissent les sociétés et leur devenir historique que lui-même s’est engagé.

Une conception unitaire de la science préside à l’énoncé de quelques principes fondamentaux. L’adaptation, la répétition, l’opposition sont les trois formes caractéristiques des phénomènes qu’examinent la physique, la biologie et la science sociale. Les idées d’accumulation et d’irréversibilité, de multiplication indéfinie et de sélection leur sont respectivement associées. Pour chacune des sciences concernées, la répétition consiste spécifiquement en ondulation, génération, imitation, comme l’invention, d’une part, la concurrence et la guerre, d’autre part, sont les formes que prennent dans la société l’adaptation et l’opposition.

S’agissant de l’invention, Tarde a reconnu en avoir disserté moins précisément que de l’imitation. Aussi y est-il revenu en 1902 dans un article où il la donne à voir comme le moteur de l’évolution sociale. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il a toujours considéré inventions et découvertes en liaison avec leur rayonnement, l’ordre et les conditions de leur apparition, accumulation ou substitution. S’autorisant des travaux de F. Galton, il a surtout insisté sur le génie inventif de l’individu.

En ce qui concerne l’opposition universelle, l’ouvrage qui lui est consacré en 1897 est, de l’aveu même de son auteur, une promenade de l’esprit. La conclusion de l’inventaire des contraires qu’il renferme reflète bien l’irénisme de Tarde: la lutte n’est pas nécessaire à l’harmonie finale du monde. Un identique souci d’intégration caractérise un de ses premiers écrits, «La Variation universelle», publié en 1895 dans les Essais et mélanges sociologiques , où figure aussi son article «Monadologie et sociologie» (1893).

On retrouve dans Les Lois de l’imitation la même conception pacifiée des rapports sociaux, en complète rupture avec la stratégie d’affrontement du matérialisme historique. Si se civiliser c’est «sympathiser chaque jour davantage», la société idéale pourra être fondée sur le déploiement des sympathies. Cette évocation d’une harmonie finale des intérêts, de l’unanime convergence vers un grand pôle imaginaire, sorte de foyer virtuel des désirs, renvoie, en fait, à la genèse du lien social selon Tarde.

Qu’est-ce que la société? L’imitation. Qu’est-ce que l’imitation? La suggestion, une espèce de somnambulisme qui fait de la société un cauchemar collectif. L’état social, comme l’état hypnotique décrit par Bernheim, Richet, Delbœuf..., n’est qu’une forme de rêve. Ici, comme chez Freud plus tard, tout commence par le père et finit par la masse. Figure fascinante, le père est le premier maître; et le chef fascine non par la force qu’il détient mais par la polarisation inconsciente du désir et de la foi qu’il réalise. Il incarne le moi social et monopolise la gloire. D’où le prestige dont il est investi et l’admiration qu’il suscite: l’éclat de la supériorité commande l’obéissance et l’imitation. Celle-ci est donc «le rapport social élémentaire» à partir duquel l’assimilation des individus «par contagion imitative» multiplie les copies d’un même modèle. Songe apparemment énigmatique, l’histoire est parcourue par des ondes émanées de «foyers» (initiatives, inventions...) qui excitent les croyances et les désirs dont elle est constituée. Déchiffrer cette histoire, c’est précisément étudier comment se propage et se réfracte dans tous les milieux le rayonnement imitatif.

Dans cette investigation, les linguistes, les mythologues et les économistes ont fait un pas décisif en comparant les pensées et les actions similaires. Toutes les similitudes qu’ils ont repérées sont dues à des répétitions qui manifestent la commune tendance des exemples et des nouveautés à se diffuser suivant une progression géométrique dans le groupe social où ils sont lancés. L’ouvrage de 1890 énonce les lois extra-logiques qui les gouvernent: la marche de l’intérieur (une disposition d’esprit) vers l’extérieur (le comportement qu’elle induit), du supérieur vers l’inférieur (le fonctionnement des modèles étant lié à «l’action suggestive et contagieuse des individus d’élite»), l’alternance de la coutume et de la mode.

Logique sociale (1894) traite des interférences, dans les rayonnements imitatifs, des «duels» et des «accouplements» logiques. En y considérant la société comme la distribution changeante, mais logiquement réglée, de croyances et de désirs dans différents canaux, Tarde posait les questions très modernes des rapports qu’entretiennent l’action individuelle et l’action collective, de l’optimum social et de l’équilibre général. Comment «arranger» les individus? Comment harmoniser les croyances et les désirs? Ces problèmes, comme celui de la tradition et du changement, se posent dans un espace social en «constant élargissement». Tout est finalement rapporté à l’imitativité instinctive des individus, à l’action incessante de «cette cause majeure, la sympathie de l’homme pour l’homme», dont l’imitation, rayonnante ou diffuse, fait social universel, est l’expression objective. À René Berthelot, qui critiquait la trop grande extension donnée à cette notion, Tarde a répondu qu’elle est, en effet, une forme de liaison englobant la sympathie, la haine, l’admiration... Il devait ensuite préciser qu’elle désigne toute la mémoire sociale.

Héritée de Cournot, le dédicataire des Lois de l’imitation , la philosophie tardienne de l’histoire est construite sur cette idée d’«amplification historique». Elle est moins originale dans ses divisions que dans les observations qui les accompagnent. Ces dernières font voir dans les théologiens les premiers sociologues; et il est vrai que les sermons des grands prédicateurs des XVIIe et XVIIIe siècles contiennent de remarquables analyses des processus imitatifs et l’esquisse de certains développements de l’anthropologie contemporaine sur le modèle et l’obstacle.

Les applications de ces lois à tous les aspects de la vie sociale ne sont pas que des illustrations; sans doute les processus reproductifs, cumulatifs ou oscillatoires sont-ils toujours rapportés au modèle analogique de la contamination biologique: il existe des «épidémies» de spéculation comme de pénitence. Elles révèlent, en tout cas, la richesse de l’information de Tarde, l’affinité de ses vues avec celles de Tocqueville sur l’évolution socio-politique contemporaine, de fréquentes interrogations sur la validité des thèses spencériennes. À cet égard, Les Transformations du droit (1893) et Les Transformations du pouvoir (1899), qui se présentent comme une critique de l’évolutionnisme juridique et politique, visent moins l’idée d’évolution que son utilisation par Spencer.

3. L’idée d’interaction

Nommé en 1894 chef de la Statistique criminelle à Paris, Tarde a été appelé à exposer ses idées à l’école libre des Sciences politiques puis au collège libre des Sciences sociales. Ces œuvres Les Transformations du pouvoir et d’abord Les Lois sociales (1898) sont issues de ces cours. Leur plan systématique – répétition, opposition, adaptation – s’explique par la nécessité de faire pièce à la sociologie durkheimienne. Élu en 1900 au Collège de France, Tarde a traité de l’économie suivant les mêmes divisions; mais c’est à la psychologie intermentale que son premier cours est consacré. La permanence de la forme ne doit donc pas tromper.

Dans la plupart des ouvrages précédemment cités et dans certains des articles qui les encadrent, on suit la mise en place progressive d’une perspective interactionniste. Les réflexions sur la gloire, la mode, la politesse, les fêtes, la vendetta.... dessinent un nouveau domaine d’investigation que Tarde a préféré nommer psychologie interspirituelle, intercérébrale, intermentale, ou interpsychologie plutôt que psychologie «sociale» ou «collective». Les études rassemblées en 1901 sur le public et la foule, l’opinion et la conversation, la rumeur aussi donnent une bonne idée de ce que ce domaine recouvre. Ces analyses, qui recourent aux notions modernes de groupe, de rôle, de leader, ont cependant été beaucoup moins prisées que celles de G. Le Bon; et les très suggestifs aperçus sur la mondanité, les salons, les clubs, les cercles, les cafés sont pratiquement ignorés par les recherches actuelles sur les formes de sociabilité.

Il reste donc à s’interroger sur les raisons de l’insuccès, en France, de la conception tardienne de la science sociale. Les plus superficielles tiennent aux caractères extérieurs de l’œuvre et à la carrière de son auteur. Un défaut de concision, certaines dérives poétiques, une propension à la rêverie métaphysique lui ont été reprochés par ceux qui souhaitaient, avec Bouglé, constituer une sociologie «scientifique, objective et spécifique». L’éloignement provincial, l’isolement intellectuel et l’accession tardive à l’enseignement ont également nui à la diffusion des idées de cet autodidacte. À Paris même, Tarde ne s’est pas soucié de faire école. À l’inverse des durkheimiens, dont on connaît la stratégie universitaire, il n’a pas vu dans les chaires, les revues, les groupes de recherches les instruments essentiels d’un «mode de faire valoir». Sans doute a-t-il manqué de pugnacité; mais les traits d’un tempérament importent moins ici que les facteurs idéologiques et l’orientation de la conjoncture scientifique.

T. N. Clark et, plus récemment, I. Lubek ont bien discerné ce qui rend les thèses de Tarde discordantes par rapport à celles qui dominent à son époque. L’auteur des Lois appartient à une tradition qui, mettant l’accent sur la subjectivité, crédite les conduites individuelles d’une réelle spontanéité face aux cadres institutionnels et rapporte l’existence de valeurs collectives à l’initiative et à l’invention personnelles. Cette tradition est antagoniste du positivisme empirique axé sur la raison, l’ordre, l’autorité qui, de Polytechnique, a conquis la Sorbonne. Elle devait se maintenir au Collège de France avec Paul Janet, J. Izoulet, Tarde et surtout Bergson. On distingue ce qui, dans cette représentation du monde social, pouvait plaire à la haute bourgeoisie et aux milieux catholiques; combien, en revanche, la sociologie durkheimienne se trouvait en accord avec le socialisme, le syndicalisme, le «solidarisme» de l’époque.

À relire certains textes mineurs de Durkheim, L’État actuel des études sociologiques , Crime et santé sociale (1895), La Sociologie (1915), on voit, certes, qu’il y va, dans son différend avec Tarde, des fondements mêmes de cette discipline et des liens qui l’unissent à la psychologie. Mais la polémique sur le caractère distinctif du fait social (son «pouvoir de coercition», selon l’un, «d’être imitatif», selon l’autre) a précisément contribué à enfermer l’auteur de Logique sociale dans une interprétation essentiellement psychologisante du lien social, sans que soit vraiment prise en compte sa conception de l’interaction. On a, en outre, récemment observé que les contraintes de l’édition avaient obligé Tarde à ne publier qu’en 1894 la suite de l’ouvrage de 1890 qu’il voulait initialement intituler Psychologie sociale et logique sociale . Les deux textes ont eu, en France notamment, un destin singulièrement différent.

Aux États-Unis, où J. M. Baldwin a d’abord utilisé le thème de l’imitation dans ses propres travaux avant de faire traduire Les Lois (la traduction n’a été achevée qu’en 1903), la psychologie sociale de Tarde a fortement influé sur la Social Psychology (1908) de E. A. Ross et l’idée d’interaction a reçu une grande extension dans l’Introduction to the Science of Sociology (1921) de R. E. Park et E. W. Burgess.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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